Tu as trouvé ce 1er juillet assommant, d'ailleurs tu t'es assommé,
te dire que ce n'était pas possible, que ce petit bonhomme qui était tout pour toi te demandait de le laisser partir comme si tu avais été une prison...
Le mardi tu ne voulais pas mourir , mais tes larmes avaient consommé toutes tes forces, et seul ce putain de cerveau repassait en boucle et en boucle cette scène irréaliste et ensoleillée d'un bord de l'eau aux larmes chaudes.
alors ce mardi tu t'es dit que tu allais dormir longtemps, comme une petite mort, un tertian, deux tertian, trois tertian, puis quatre, puis cinq.
Puis tu es devenu lourd, si lourd que tu n'as pu aller chercher ton petit verre d'eau car ta gorge était sèche.
Tu t'es écroulé sur ta moquette sans même pleurer, la rétine collée sur le bord de ton gros meuble blanc sous la télévision.
un bras se tend, la main s'aggrippe au bord du lit et tu as encore un peu de force et tu vas te coucher...
Tu te réveilles quasi 2 jours apres.
A ton réveil tu sais que ton monde va changer, puisque son monde a changé, et tu es là impuissant avec un amour mort-né au creux des bras.
"poussin dans l'oeuf, et que je tue..."
3h23.
Tout s'emmêle, les raisons, tes colères, tes peines et tous vos plus beaux souvenirs car tu ne veux retenir que celà à présent.
Et puis les impossibles et inévitables anicroches, les hiatus, les césures, les failles.
Comment étaient leurs bras, leurs corps , leurs râles ?
Perdu à jamais.
Alors cet autre matin, tu t'es levé frais et dispo et tu as fabriqué des étageres pour ranger chez toi et oublier que le bordel n'était pas qu'au sol de ta chambre mais aussi surtout aux pieds de ta vie qui s'écroulait.
Alors tu es parti, tu as aussi rententé de faire l'amour avec quelqu'un, mais tu n'as pas aimé, tu es rentré en pleurant parce que ce n'était pas celui que tu aimais.
Tu t'es douché 6 fois de suite comme une femme violée l'aurait fait.
tu t'es endormi au soleil plusieurs fois et de longues heures, ton corps a changé, tu as maigri, tu as une peau qui a bronzé beaucoup toi qui était si pâle.
tu t'es musclé aussi.
tu commences à changer, à muter, et étonnament tu arrives à contenir tes larmes et tu les alambique en sourires et en force lorsque tu chantes ta vie.
Puisque tu ne sais faire que ça , tu y vas à fond, tu pars loin, tu as chanté dans la cour d'un château magnifique, tu as encore bronzé et fondu, tu deviens marocain et tu aims ça parce que finalement l'Auvergne te rend triste.
Tu te dis aujourd'hui que tu vas garder le meilleur au creux de tes mains,
que rien ne pourra effacer ses petits bouts d' pieds en éventail et sa grimace favorite du canard, alors tu mets tout ça dans ta besace et tu pars loin, loin...
Tu es moi et je ne t'en veux plus,
car je ne suis déjà plus toi.
Alors file sur ces routes avec toute ta peine et laisse moi les jolies images que j'ai tant chéri.
Tu redeviendras toi au sortir de la caverne, mais l'autre sera dejà parti avec le petit sac.
Peut-être vous recroiserais-je toi et l'autre moi et l'autre toi...je pense que je me contenterai de regarder si ce petit pansement sur mon genoux aura pensé à tomber.
Et là je pourrai souffler.
pour le moment je ne regarde plus mes jambes,
car il y' a toujours ton Mercurochrome© mon amour.
Friedrich Bonetcha*
27 juillet 2008
27/07/08 - 11:53
;o) Bises !
jch